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Crédit photos & vidéos © Romain Quiles / Ariège Pêche Nature

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 ©AriègePêcheNature2014-2018        N° siret:  80044224600024            N° Diplôme BPJEPS:   BP063130345           N° RC Pro:  56567213           N° Educateur sportif:  00914ED0008

Pourquoi le no-kill ? Et si l'on souhaite relâcher ses prises, comment le faire correctement?

La pêche à la ligne, dîtes de loisir pour laquelle vous avez payé une carte, n'est plus aujourd'hui un moyen de remplir le frigo.

La pêche est devenu un passe temps, voir une passion dévorante pour certains... (moi y compris).

 La pression de pêche a augmenté sur l'ensemble des secteurs grâce au développement de la mobilité par la voiture, puis par la facilité de localisation des accès par internet.
Cependant, l'augmentation des pollutions quelles soient physiques(Barrages...), chimiques(Pesticides...), biologique(Perches soleil, Ecrevisses de Louisiane...) ou bactériologiques(Pilule contraceptive...) sont LES facteurs diminuant le nombre d'individus des espèces ou tout simplement de la biodiversité.

Le no-kill est venu comme une solution immédiate et non miraculeuse de diminuer le nombre de mortalité par prélèvement afin de permettre la stabilité des espèces.

En aucun cas, le no-kill ne permet le développement des espèces, car c'est le biotope qui limite la quantité des poissons dans un plan d'eau ou un cours d'eau.
Cependant, le no-kill permet l'augmentation de la taille moyenne mais aussi la difficulté de capture...

En attendant que l'on découvre que le no-kill soit négatif et sans oublier qu'à partir du moment où nous évoluons dans un milieu, nous influençons celui-ci, voici les 12 étapes pour réussir votre no-kill:

LE COMPORTEMENT:

1) Pêche en profondeur:
- Les percidés (Sandres, Perches & Black bass) sont pourvu d'une vessie natatoire fermé qu'ils gonflent et dégonflent par l'oxigène contenu dans leur sang.

Cette vessie natatoire permet à ces poissons de rester statique en pleine eau par régulation de la taille de la vessie en fonction de la pression de l'eau.

Lorsque vous pêchez en eau profonde, vous remontez ce Percidé à une pression de surface différente de celle dans laquelle il évoluait. La pression étant moins forte en surface qu'au fond, la vessie natatoire va gonfler. Elle va écraser les organes internes voir même parfois jusqu'à ressortir dans la bouche.

Certaines idées sont avancées, comme percer la vessie avec une aiguille, ou relâcher rapidement et violemment ces poissons en les faisant claquer sur l'eau, ça leur mettrait un "coup de fouet" leur permettant, par peur, de retourner au fond, à la bonne pression.

Rien de tout cela n'a été prouvé efficace à 100%.

- C'est en hiver le plus souvent que les poissons sont au fond, de 6 à 14m de profondeur.

Alors le meilleur moyen de ne pas les blesser gravement, c'est de les laisser tranquille à cette période.

2) Le placement:
- En pêche du bord, il faut anticiper ! Avant de lancer votre ligne, pensez déjà à où est-ce que vous allez pouvoir récupérer le poisson.
- Eviter les berges trop abruptes ou sans accès parce que si c'est pour "droper" le poisson par dessus les ronces... c'est pas la peine non plus de prendre le risque qu'il tombe dedans. Et vous ne pourriez pas vous mouiller les mains pour l'acceuillir dans les meilleurs conditions (voir n°5).

3) Le ferrage:
- Un ferrage à retardement augmente les chances que le poisson engame profondément l'esche proposé. Le risque est que l'hameçon se loge au fond de la gueule, soit dans l'eosophage soit dans les branchies. Dans les 2 cas, se sont 2 parties très sensible où l'apport sanguin est considérable.
La mort du poisson est quasi sûr. Tout de même, si vous ne souhaitez pas garder le poisson, vous pouvez mettre toutes les chances de son coté en coupant le fil pour l'oesophage et en retirant très délicatement l'hameçon pour les branchies.

4) Le déplacement:
- En rivière: Lors d'une prise en eau courante, pour diminuer le temps de combat afin de moins fatiguer le poisson (et aussi pour éviter la casse), dès le ferrage, déplacez-vous en aval pendant le combat et avancez-vous dans l'eau afin de vous trouver en dessous du poisson. Ainsi, le courant va vous apporter le poisson dans votre épuisette et vous n'aurez pas à le tracter contre le courant.
- En lac: Parfois, en faisant quelques mètres pendant le combat, on peut trouver un accès plus simple pour récupérer le poisson.
Il vous remerciera, à sa manière, d'avoir fait 3 petits mètres ^^

5) La protection des poissons:
- Tous les poissons sont protégés des mauvaises bactéries qu'il y a dans l'eau par une couche de mucus sur l'ensemble de leur corps. Déposer un poisson sur sol sec ou le prendre main(s) sèche(s) revient à lui enlever ce mucus sur toute la surface touchée.
- Bien évidemment, utiliser des gants, chiffons ou autre à le même effet.
- Lui enlever son mucus va lui demander énormément d'énergie afin de le recréer. Pendant tout le temps où il reste sans protection il risque d'être infecté par une bactérie pouvant lui causer la mort par la suite.

6) La tenue des poissons:
- Une fâcheuse manie... une mode est arrivée jusqu'à nous.
Mettre les doigts dans les ouïes pour le Brochet, le Sandre et autres... et le pouce dans la bouche pour le Black-bass, la Perche et autres...
Quelle erreur !!
Un poisson se soutien dans son ensemble et sans mettre les doigts dans les organes vitaux !
- Quand vous soulevez votre brochet par les ouïes et que pendant la photo il en profite pour se débattre... vous voyez ce moment là ? Et bien d'abord ça peut lui déboiter la mâchoire. Ensuite votre main risque de frotter les branchies, du coup non seulement vous allez saigner mais en plus vous allez les lui abîmer gravement.
- Lorsque vous soulevez votre perche seulement soutenue par votre pouce qui est dans sa bouche, vous risquez de lui casser l'équivalent de notre nuque...
les poissons sont fait pour vivre à la verticale et dans l'eau qui est un milieu beaucoup plus dense que l'air. Une fois hors d'eau il est soumis à la pesanteur et tout son poids est soutenue uniquement par sa tête. il se retrouve comme "pendu".
- Mettez l'autre main sous son corps pour réduire le poids.

7) La photo:
- Faites vite ou pas du tout !
Un poisson hors d'eau lorsqu'il fait moins de 2° est un poisson dont les branchies vont geler.
Un poisson hors d'eau par grosse chaleur est un poisson dont les branchies et le mucus vont rapidement s'assécher.
Dans les 2 cas, et même à température plus douce, pendant tout le temps hors d'eau il ne peut pas respirer, c'est comme si on essayait de vous noyer.
Pensez aux photos subaquatique !! Le poisson n'a pas besoin d'être sorti de l'eau et le rendu photo est bien plus beau. Encore faut-il avoir le matériel pour...

LE MATERIEL:

8) Les cannes et les fils:
- La canne est le principal amortisseur d'à-coups pendant les combats. Plutôt souple, elle évite les casses et les décroches.
La casse laisse repartir un poisson avec un hameçon, voir un leurre dans la bouche qui pourra entrainer sa mort.
Ensuite, le fil choisi va aussi beaucoup jouer sur cet aspect:
- Sur une canne souple, permettez-vous un montage sans élasticité type Tresse/Fluoro
- Sur une canne raide, privilégiez le Nylon/Fluoro

9) Le diamètre de vos bas de ligne:
- Nous partons du principe que plus notre bas de ligne est fin plus nous avons de chance d'être discret et d'attraper du poisson.
Oui mais... Plus notre bas de ligne est fin plus nous avons de chance de casser ou couper. Et donc comme dit ci-dessus de laisser s'échapper un poisson avec un hameçon voir même un leurre dans la bouche ! Tout est une question d'équilibre.
Voici les diamètres minimum de bas de ligne Fluoro (cela varie un peu en fonction des marques) que je vous conseille pour chaque espèces Truites, Ombres et Carnassiers (quelle que soit la taille du poisson).
Ces données sont pour moi à respecter pour de bonnes parties de pêche pleines de prises et sans casse.
Truite Fario 12/100
Truite Arc-en-ciel 14/100
Ombres Commun 12/100
Perche Commune 30/100
Black-Bass 30/100
Sandre 22/100
Brochet 60/100

10) Les Hameçons:
- L'ardillon évite le retour arrière de l'hameçon une fois piquée. Donc difficile de décrocher son poisson sans lui déchirer la chair.
Il existe des hameçons sans ardillon !

Au pire, écrasez l'ardillon grâce à une pince plate.
- Quelque soit la technique, un hameçon simple est à privilégier. Imaginez sur un leurre à 2 hameçons triples, c'est potentiellement 6 pointes d'hameçons plantées !!
De plus, que se soit accrochées à l'épuisette ou dans la gueule du poisson, parfois ça devient un carnage lorsqu'il s'agit d'essayer de décrocher.

11) Le Fish Grip:
- Aussi appelée pince à poisson... c'est tout simplement un engin de torture.
Ces pinces sont faites pour attraper par la gueule des espèces dangereuses, à dents bien piquantes, souvent tropicales telles que le poisson Tigre, l'Arapaima, Le Piranha, ou encore le Brochet alligator, etc...
En France, ces pinces sont inadaptés car nos poissons sont trop fragiles et l'utilisation du Fish Grip laisse souvent un trou dans la gueule du poisson même si les becs de la pince sont en plastique.
L'épuisette est bien plus efficace. 

12) L'épuisette à mailles fines en caoutchouc:
- Elle permet d'écourter considérablement le combat pour ne pas trop fatiguer le poisson (Lorsqu'un poisson combat pour se libérer de l'hameçon, il produit de l'acide lactique. Cet acide lactique à haute dose crée les crampes musculaires. Elles empêchent les poissons de repartir en vie... car un poisson atteint de crampes, ne pourra se maintenir dans le courant pour s'oxygéner.
- Une fois épuiseté, le poisson peut être laisser constamment dans l'eau. Ou si vous souhaitez faire une photo, elle permet de prendre le temps de sortir son appareil tout en évitant un trop grand manque d'oxygène.
- Le caoutchouc mouillé enlève beaucoup moins de mucus que le tissu.
- Les mailles fines évitent qu'une nageoire se coince dedans.

BILAN:
Avec le bon matériel, bien combattu, piqué en bordure de lèvre par un hameçon simple sans ardillon, et si on ne prend pas de photo hors d'eau, un poisson épuiseté peut repartir sans même avoir été touché ni avoir manqué d'air !
Conseil: Ne faîtes pas une fixation sur tous ces points, pas la peine de pourrir un débutant qui ne fait pas exactement comme il faut, car il DEBUTE !
C'est l'expérience qui petit à petit permet de réussir ces gestes comme s'ils étaient naturels.

La question que tout le monde se pose:
"Quelle est l'intérêt de relâcher un poisson même en mauvais état, qui saigne ou totalement épuisé ?"
- La première des choses, c'est qu'un poisson a plus de chance de vivre dans l'eau que dans un congelo.
- La seconde, c'est que même s'il meurt, il sera un maillon de la chaine alimentaire.
A savoir que les bactéries se développent (se nourrissent) grâce au déchet organique végétal ou animal.
La bactérie est la première source de développement du plancton (OUI IL Y A BEAUCOUP DE PLANCTONS EN EAU DOUCE).
Du plancton est absorbé par les larves aquatiques (éphémères, trichoptères, plécoptères, diptères...)
Ces larves sont la principale nourriture des salmonidés et cyprinidés.
Evidemment, ce sont ces mêmes Cyprinidés qui sont le plat favori de tous les carnassiers que l'on pêche et qui naturellement devraient mourir dans l'eau pour boucler cette exemple de chaine alimentaire.

Voici un exemple de sujet que nous pouvons aborder lors des stages de pêche Initiation ou Confirmation.

Personnellement, je pratique le no-kill tout au long de l'année car passant ma vie au bord de l'eau, à raison d'environ 200 jours / an je ne sais que trop bien ce qu'il y a dedans et ça ne me donne pas envi de manger du poisson en eau douce. Et puis la seconde raison est que par mon métier de guide de pêche, le poisson, pour moi en plus d'être un être vivant à respecter, est un outil de travail qui me permet de manger (indirectement). Quel carrossier jetterai son marteau après avoir redressée une aile de voiture...? Quel dentiste jetterai sa roulette après chaque patient ou encore quel peintre en bâtiment jetterai son échelle après chaque chantier ?

Et vous, souhaitez-vous continuer de pouvoir pêcher dans quelques années ? Souhaitez-vous partager un jour ce plaisir avec vos enfants et vos petits enfants ?
J'espère que ça pourra vous aider à y voir un peu plus clair.

Romain Quiles.